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Reprenons le contrôle: cuisinons, transformons, prévoyons
Il faut le dire clairement: le coût de l’alimentation a augmenté, qu’il s’agisse de produits locaux ou non
Nos factures d’épicerie le confirment, les études le montrent, et chacun le ressent à la caisse. Cette hausse est réelle et elle touche tout le monde. Faire comme si elle n’existait pas serait déconnecté du quotidien.
Cette réalité nous oblige donc à élargir la réflexion. La question n’est pas seulement «combien ça coûte?», mais comment on choisit de nourrir notre quotidien quand les prix augmentent.
Inévitablement, cela nous ramène à notre rapport à cuisiner
Nos grands-parents l’avaient bien compris: quand les prix sont bas, on cuisine, on transforme, on met en réserve. Quand les produits sont abondants, on fait des conserves, on congèle, on prévoit. Ce n’était ni une mode ni un discours militant, mais une logique de vie.
Quand le temps devient un allié plutôt qu’un obstacle
La société de consommation dans laquelle nous évoluons a peu à peu déplacé ce regard. On nous a fait croire que cuisiner était une perte de temps, qu’il valait mieux consommer du prêt-à-manger, regarder des émissions de cuisine plutôt que cuisiner réellement, multiplier les bonnes intentions sans toujours revenir à l’essentiel. Pourtant, la solution est souvent plus simple qu’on le pense: sortir les chaudrons!
Sortir les chaudrons par envie, pas par obligation
Cuisiner davantage, faire des réserves lorsque les prix sont plus bas, acheter en saison, transformer ce qui est abondant, ce n’est pas un retour en arrière. C’est une forme d’adaptation intelligente. C’est une réponse logique à l’abondance et à la qualité. Quand les tomates, les petits fruits ou les légumes sont à leur meilleur, l’envie de prolonger ce goût dans le temps devient naturelle et une façon concrète de reprendre du contrôle sur notre alimentation, nos dépenses (notre portefeuille!) et nos choix.
Et l’achat local dans tout cela?
L’achat local change naturellement ce rapport. Lorsqu’on achète des produits de chez nous, le réflexe de cuisiner s’impose plus facilement. Le goût, la fraîcheur, l’histoire derrière les produits et la relation avec ceux qui les ont cultivés ou transformés donnent envie de les mettre en valeur. On a le goût de cuisiner, de transformer, de conserver. Non par obligation, mais par plaisir.
Acheter local peut parfois demander un ajustement. Pas toujours, pas pour tout, mais lorsque c’est possible, c’est un pas qui a du sens. Parce que ce choix ne touche pas uniquement notre panier individuel. Il touche notre économie, nos emplois, nos territoires et notre capacité collective à produire et à transformer ici ce que nous consommons.
Acheter local, cuisiner plus et faire des réserves quand c’est possible: ce ne sont pas des gestes héroïques. Ce sont des choix pragmatiques, cohérents et profondément ancrés dans une vision durable de notre économie et de notre quotidien.