Il y a des signes qui ne trompent pas. Les journées s’allongent. Les bottes de radis recommencent à faire les fières sur les étals. Les fines herbes reprennent du tonus. Un peu partout au Québec, les marchés publics rouvrent leurs allées, leurs kiosques et leurs parasols. Les gens sortent de leurs tanières, les jasettes repartent, les paniers se remplissent.

C’est le retour de la saison. Et franchement, ça fait du bien!

Cette année, on a envie de le dire autrement: retourner au marché public ne devrait pas être une grande sortie exceptionnelle, planifiée trois semaines d’avance entre deux activités. Ça devrait être simple. Normal. Presque évident.

Comme passer à l’épicerie. Comme arrêter chercher du pain. Comme se dire : « Il me manque des légumes pour la semaine, je vais faire un tour au marché. »

Parce qu’un marché public, ce n’est pas seulement une sortie du samedi quand il fait beau. C’est un vrai lieu d’approvisionnement de saison. Un endroit où l’on peut acheter des fruits et légumes, du pain, des fromages, des œufs, de la viande, du miel, des produits transformés, des fleurs, des petits extras pour le souper et, parfois, l’idée complète du repas en prime.

Revenir au marché, ce n’est pas compliquer sa vie. C’est la simplifier, en y mettant de la fraîcheur, du vrai, du chez nous.

On associe parfois le marché public à une organisation particulière : prévoir l’activité à l’horaire de l’été, apporter une grande glacière, arriver très tôt, avoir de l’argent comptant, vérifier la météo, se demander si ce sera fermé s’il pleut.

Mais pas besoin de tout ça.

On peut aller au marché avec une liste. On peut aussi y aller sans liste. On peut acheter pour la semaine. On peut simplement repartir avec des fraises, une laitue, un pain et trois idées de soupers. On peut faire une bonne partie de son épicerie ou compléter ce qu’on a déjà à la maison.

Le marché, c’est souple. C’est vivant. Ça s’adapte à la vraie vie.

La vraie vie où l’on manque parfois de temps, mais pas d’appétit. Où l’on veut mieux manger, sans nécessairement faire une thèse sur le contenu du frigo. Où l’on cherche des produits frais, bons, locaux, mais surtout faciles à intégrer au quotidien.

Il y a quelque chose de très concret dans un marché public

Au marché, on voit ce qu’on achète. On sent la fraîcheur. On découvre ce qui vient d’arriver. On apprend que les asperges ne seront pas là éternellement. Que les fraises reviendront au fil de la saison. Que les tomates s’en viennent. Que les courges, elles, arriveront plus tard.

Le marché nous remet dans le rythme de la saison, sans nous faire la leçon.

Il rappelle que tout n’arrive pas en même temps. Que certains produits se méritent un peu. Qu’il y a un plaisir très simple à acheter ce qui est bon maintenant. Pas dans trois mois. Pas à l’année longue. Pas parce que c’est en spécial. Mais parce que c’est le bon moment.

C’est aussi ça, revenir au marché : retrouver le goût du moment présent.

Avec Julie Aubé, on revient aux choses simples

Cette saison, l’Association des marchés publics du Québec est accompagnée de Julie Aubé comme ambassadrice. Nutritionniste, autrice, conférencière et amoureuse assumée des fermes, des récoltes et des marchés, Julie a cette manière bien à elle de ramener les choses à l’essentiel.

Avec elle, pas besoin de compliquer l’alimentation. On parle de produits frais, de saison, de rencontres, de trucs concrets et d’idées faciles à intégrer dans la semaine.

Parce qu’une sortie au marché public n’a pas besoin d’être parfaite pour entrer dans nos habitudes. Le marché a simplement besoin d’être fréquenté. Un peu plus souvent. Un peu plus naturellement. Comme une habitude à reprendre ou à installer.

Les Marchés publics du Québec. C’est le temps d’y revenir. Pour vrai.

Pas seulement pour prendre une belle photo. Pas seulement parce que c’est charmant. Pas uniquement pour flâner.

  • Pour vrai, parce qu’on y trouve de quoi manger.
  • Pour vrai, parce que les produits de chez nous sont là, maintenant.
  • Pour vrai, parce que les marchés publics font partie de notre manière de nous approvisionner, de découvrir notre territoire et de rencontrer celles et ceux qui le nourrissent.

Photos:  ©AMPQ – Daphné Caron